Django Reinhardt

Jazz man (1910-1953)

 

 

Django Reinhardt était l’un des plus grands guitaristes de jazz d’Europe, son style unique restant inégalé à ce jour. Il est né à Pont-à-Celles, en Belgique, dans une famille rom “sinti”. L’enfance de Django est étroitement liée à la caravane et à la vie dans la roulotte. Django est attiré par la musique dès les premières années de sa vie, étant entouré de la musique jouée par ses frères et son père, qui avait fondé un groupe à Paris. Dans un premier temps, Django apprend à jouer du violon. Il a 12 ans lorsqu’il reçoit en cadeau une guitare banjo, qu’il pratique seul, imitant le placement des doigts de ses frères ou de divers guitaristes de l’époque sur les cordes, tout en les regardant occasionnellement jouer. A l’âge de 15 ans, il chante déjà dans les rues ou sur les terrasses de Paris avec son frère, Joseph. En 1927, Django épouse Florine Bella Mayer, une jeune Rom de la même communauté de Manoush.

 

En 1928, Django réalise son premier album, accompagnant les accordéonistes Maurice Alexander, Jean Vaissade, Victor Marceau, ainsi que le chanteur Maurice Chaumel. Avec cet album, le nom de Django devient très connu, si bien que le britannique Jack Hilton vient à Paris pour l’écouter. Hilton lui propose un travail, qu’il accepte. Mais le destin a réservé un autre chemin à Django avant qu’il ne commence à collaborer. Dans la nuit du 2 novembre 1928, un violent incendie se déclare dans la roulotte que lui et sa femme ont dans la caravane. Django souffre de graves brûlures aux mains et aux pieds, de sorte qu’il ne peut pas utiliser deux des doigts de sa main gauche, et pour sa jambe droite, les médecins proposent une amputation. Django refuse l’opération et après 18 mois d’hospitalisation, il quitte l’hôpital. Il se remet à la guitare, inventant un repositionnement de ses doigts sur les cordes. Dans les années qui suivent, il aborde un large éventail de styles musicaux, se rapprochant du jazz américain représenté par James Armstrong et Duke Ellington.

Django Reinhardt a chanté et enregistré avec les plus grands musiciens de jazz, la performance mémorable étant celle avec Louis Armstrong dans une émission de radio diffusée en France. Reinhardt a enregistré plus de 40 albums. Il a également enregistré avec des musiciens de jazz américains tels que Coleman Hawkins et Benny Carter. Ses compositions les plus connues sont “Minor Swing”, “Daphne”, “Belleville”, “Djangology”, “Swing ’42” et “Nuages”.

De 1934 à 1939, Django fonde à Paris, avec le violoniste Stéphane Grappelli, le groupe “Quintette du Hot Club de France”, un groupe de jazz, le premier du genre qui avait la guitare comme principal instrument soliste. Il a également cofondé l’ensemble à cordes “Quintette” avec ses frères, Joseph, Roger Chaput et Louis Vola.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale oblige l’artiste à quitter le Royaume-Uni, où il est en tournée avec son ami Grapelli, qui choisit de rester à Londres. Il retourne en France, où il tente de poursuivre sa musique. Reinhardt ressent le danger, se trouvant dans une situation catastrophique, étant un Rom et un musicien de jazz, les deux caractéristiques étant abolies par l’idéologie nazie. Les Roms étaient une cible, mais des membres de sa famille avaient réussi à s’échapper de Paris. Les tentatives de Django Reinhardt pour quitter la France occupée par les nazis ont échoué, il a été attrapé à la frontière avec la Suisse et renvoyé à Paris, où il est resté jusqu’à la fin de la guerre. L’une de ses chansons, composée en 1940, “Nuages”, est devenue l’hymne officieux de Paris, symbole de liberté.

Le style d’interprétation de Django a influencé la plupart des interprètes de jazz traditionnel dans le monde. En sa mémoire, des festivals de musique de jazz sont organisés chaque année, tant en Europe qu’aux États-Unis. Chaque année, le festival de jazz “Django Reinhardt” a lieu à Samois, où Django a vécu les dernières années de sa vie.